Mobilité bancaire : changer de banque est encore difficile !

En 2019, 2,5% des consommateurs ont changé de banque. Un taux qui est anormalement bas d’après l’association UFC-Que Choisir.

Définition de la mobilité bancaire

La mobilité bancaire est un service que les banques ont pour obligation de proposer à leurs clients. Grâce à ce dispositif, les clients souhaitant changer d’établissement bancaire ne font plus face aux démarches liées à ce changement : c’est la banque qui effectue toutes les formalités administratives.

Concrètement, voici les étapes de la mobilité bancaire :

  • Ouverture d’un compte en banque auprès de la banque de votre choix.
  • Transmission du RIB de son ancien compte pour que la nouvelle banque puisse avoir accès à vos informations bancaires.
  • Le nouvel établissement établit une liste des opérations : virements, prélèvements réalisés deux fois minimum au cours des 13 derniers mois, chèques non débités.
  • La nouvelle banque a cinq jours ouvrés pour fournir le nouveau RIB aux émetteurs des virements et des prélèvements.
  • La fermeture du compte est automatique.

Service de mobilité bancaire : un dispositif intéressant, mais quelques défaillances sont constatées

Le service de mobilité bancaire, plus communément appelé « Loi Macron » a été lancé en 2017. Son but ? Il est censé rendre plus simple le changement de banque en obligeant les établissements accueillant le client à prendre en charge de toutes les démarches administratives liées à ce changement : le transfert de compte bancaire, les virements et les prélèvements qui y sont sont rattachés.

mobilité bancaire

Pourtant, cette loi de mobilité bancaire présente quelques bémols comme le souligne l’association de consommateurs UFC-Que Choisir dans un bilan publié le 2 janvier dernier. Pour établir son bilan, l’association a interrogé 110 banques et organismes ayant mis en place le service de mobilité bancaire en novembre 2019. Le résultat est sans appel : en 2019, seul 2,5% des consommateurs ont franchi le cap et ont changé de banque alors que près d’une personne sur cinq en a exprimé le souhait. Les calculs établis par UFC-Que Choisir se basent sur le nombre de personnes possédant un compte bancaire et sur le nombre de mandats de transferts signés. Ces derniers sont au nombre de 1,3 million.

Les résultats de ce bilan mettent en lumière l’incapacité du dispositif à favoriser une concurrence effective.

Pourquoi de telles défaillances ?

D’après l’enquête, pour les personnes ayant évoqué le souhait de changer de banque, ce changement est un réel parcours du combattant, comme l’indique UFC-Que Choisir dans son communiqué. Tout d’abord, de nombreuses demandes n’aboutissent pas et beaucoup de consommateurs se découragent. A ces points s’ajoutent les frais liés à la mobilité bancaire. Il peut s’agir de frais sur les prélèvements rejetés ou ou encore des pénalités de retard.

L’importance de faire jouer la concurrence

Pour tous les clients de banque, « les réserves de pouvoir d’achat demeurent considérables », comme l’affirme UFC-Que Choisir. Ainsi, elle encourage les consommateurs à :

  • Consulter leur facturation annuelle concernant les frais bancaires 2019 afin de connaître exactement la somme globale des frais qu’ils ont dû payer au cours de cette année.
  • De faire jouer la concurrence en utilisant son comparateur bancaire qui en accès libre pendant 10 jours sur son site internet. Ceci leur permettra de prendre conscience des gains de pouvoir d’achat qu’ils peuvent réaliser.
  • Demander aux pouvoirs publics la mise en place d’un dispositif de portabilité du numéro de compte bancaire, l’extension du mandat de mobilité bancaire à tous les produits bancaires rattachés au compte courant, la gratuité du transfert des comptes pour le PEL et le CEL ainsi que le plafonnement des frais de transferts des PEA.

Commenter